(Arrêt pilule). L’arrêt progressif, c’est dangereux? PARTIE 2

Cet article est le deuxième d’une série de réflexions consacrée à l’arrêt de la pilule.
J’espère qu’il saura vous aider!
Partie 1  Réfléchir à sa situation particulière.
Partie 2  L’arrêt des pilules spécifiquement anti-acné.
Partie 3  Pilules classiques et acné légère, le Gattilier.
Partie 4  Quand ce n’est pas l’arrêt qui est la cause… Les acnés hormonales.

La cas des pilules « spéciales acné »

Comme indiqué lors du précédent article, certaines pilule spécifiquement « anti-acné » peuvent occasionner un effet de purge. Ce n’est en rien une obligation, mais c’est courant…
Une méthode semble dans ce cas aider beaucoup de personnes : il s’agit de l’arrêt progressif.
J’ai voulu faire dans cet article un point sur cette méthode. Elle a surtout été relayée dans les forums sur l’acné et certains blogs.
Totalement empirique, je la croyais inconnue des professionnels de santé. Quelle ne fut pas ma surprise de voir que certains médecins la connaissaient !

L’arrêt progressif, qu’est-ce que c’est?
En simplifié, vous découpez votre pilule en morceaux.  Vous allez progressivement prendre des morceaux en moins.
Donc si vous la découpez en 4, vous prenez un quart en moins, puis la moitié, etc… L’idée est de vous sevrer progressivement, sur une période de plusieurs mois.
L’hypothèse est que  votre corps s’habitue au fur et à mesure au manque d’hormones, qu’il ne soit pas soudainement en état de choc.
Plus vous anticipez un choc au sevrage (cela fait de très longues années que vous êtes sous ce type de pilule) et plus vous allez vous sevrer sur une longue période.
Souvent, le découpage se fait avec les moyens du bord : avec un cutter… et vous décidez de la progression dans le sevrage.
Tout ceci est très bien raconté par Christelle, du blog Acérola, dans son article « Comment arrêter cette daube de pilule, PART 2?, qui explique étape par étape comment elle s’y est pris.
Bien sûr, pendant ce sevrage, vous n’avez plus de moyen contraceptif fiable. Si vous souhaitez être protégée, il faudra trouver une autre contraception.
L’article suivant de Feminin bio Contraception : 6 solutions sans hormone fait un bon tour d’horizon des possibilités sans hormones.

L’arrêt progressif, ce qu’ils en pensent
L’avis de Martin Winckler 
(Vous trouverez ici la biographie Wikipedia de Martin Wincler. Et si vous ne connaissez pas son site; il est là.)

« Bonjour Elsa
Merci de m’avoir écrit. C’est une question très intéressante, et effectivement, l’effet-rebond de l’arrêt de Diane sur l’acné est assez connu en pratique, mais comme souvent, personne n’en parle. C’est bien que vous abordiez le sujet. Ce que j’ai à en dire est assez simple :
1° il est parfaitement logique de réduire l’effet rebond en réduisant la dose progressivement
2° couper les comprimés n’est peut être pas la meilleure solution, car les pilules sont entourées d’une couche protectrice pour leur éviter d’être dégradées par les sucs de l’estomac et de passer dans l’intestin (où elles sont assimilées correctement). Les couper, c’est exposer le contenu à s’inactiver plus vite, c’est donc un peu aller à l’encontre de l’effet escompté.
3° une autre solution (plus logique et qui n’a pas cet inconvénient) est d’espacer les prises : d’abord 1 jour sur 2, puis 1 jour sur 3, etc. très progressivement (tous les 15 jours)
4° l’acné est lié à une activité personnelle des hormones masculines (androgènes, que toute femme fabrique, comme tout homme fabrique des hormones féminines) sur la peau. Vous le savez mais c’est très important d’insister là-dessus pour les utilisatrices, car avec le temps, on oublie comment était l’acné « spontanée » avant traitement, et toute réapparition peut être perçue comme supérieure à ce qu’elle était avant… alors qu’elle est identique. Quand on arrête Diane (qui est un « anti-androgène »), l’activité des hormones reprend. Et là, ça dépend des femmes. Certaines voient l’acné réapparaître petit à petit ; d’autres non. Ce n’est pas forcément lié à l’arrêt du traitement. Diminuer Diane, c’est bien, mais le faire en poursuivant un traitement local (même si celui-ci avait l’air insuffisant avant Diane), c’est encore mieux.
5° parfois, ce qui permet à l’acné de ne pas reprendre, c’est de changer de pilule en choisissant une pilule de 3e génération type Varnoline, qui ne contient pas d’anti-androgène mais dont l’estrogène va suffire à atténuer l’acné. C’est d’ailleurs pour ça que spontanément, je ne prescrivais jamais Diane ou Jasmine, dont les effets secondaires vasculaires sont graves et plus fréquents que les autres pilules. Quand on passe de Diane à une autre pilule de 3e G , il n’est le plus souvent pas nécessaire de diminuer progressivement, surtout quand on enchaîne les plaquettes (sans interruption)
6° il y a deux autres questions qu’il faut anticiper quand on arrête une pilule en diminuant les doses (sans reprendre d’autre pilule ensuite) :
– les « spotting » possibles, qui sont liés à la diminution de la dose d’hormones, et qui peuvent être désagréables puisqu’ils peuvent durer aussi longtemps que l’arrêt progressif
– le risque de grossesse +++ puisque quand les femmes diminuent la dose prise, elles n’ont plus d’effet contraceptif (lequel est déjà assez aléatoire avec Diane prise seule).
Donc, de deux choses l’une. Ou bien l’utilisatrice ne veut plus de contraception hormonale (mais veut une contraception) et le choix le meilleur c’est un DIU au cuivre qu’elle peut se faire poser avant d’arrêter Diane. Ou bien elle veut encore une contraception, et elle a intérêt à enchaîner directement sur une pilule de 3e G. A noter que comme celles-ci ont des dosages d’estrogène différent, il est parfois nécessaire de changer de dosage selon les effets observés. (35 microgrammes, 30, 20 ou 15).
Merci de l’intérêt que vous portez à mon travail, et merci de m’avoir écrit.

Très amicalement
Martin W »

En bref :
Martin Winckler confirme l’effet rebond de Diane…
En revanche, il pense qu’en découpant nous-même la pilule, nous en sommes pas vraiment sevrées progressivement. La partie découpée, sans la protection de « l’enrobage » est attaquée par l’acidité de l’estomac. Auquel cas, elle est moins active. C’est pourquoi il préconise plutôt d’arrêter en espaçant les prises.

L’avis de Miss Frottis
Miss Frottis est une gynécologue blogueuse anonyme.
En commentaire du 4 sept. 2013 sur l’article suivant, elle suggérait déjà aux lectrices désemparées par le retrait de Diane 35 un arrrêt consistant à espacer les comprimés (assez similaire à celui préconisé par Martin Winckler) : « Il vaut mieux arrêter en prenant un cp un jour sur deux pendant 3 mois puis un jour sur trois encore trois mois. Ce n’est pas dangereux pour la santé »
La semaine dernière, nous lui avons donc demandé si l’autre méthode, consistant à couper la pilule, présentait selon elle un inconvénient. Elle nous a répondu qu’il n’en voyait pas de particulier, et que leur absorption ne devrait pas être si différente. Elle estime par contre qu’il convient d’employer un coupe-médicament.

L’avis de notre pharmacienne (Mme Amal Hassani, pharmacie à Paris)
Puisqu’il s’agit de galénique, pourquoi ne pas demander à un pharmacien, tout simplement ?
Selon la pharmacienne Amal Hassani, il y a en effet deux écoles pour le sevrage des médicaments : ceux qui préfèrent couper et ceux qui préfèrent espacer. Il semblerait qu’il n’y en ait pas une supérieure à l’autre.
Concernant la pilule contraceptive : couper ne « la choque pas ». Par contre, elle conseille elle aussi un coupe-médicaments.
En bref :
Notre pharmacienne ne semble pas non plus préférer une méthode sur l’autre, à partir du moment où on utilise un coupe-médicament.

Ce que j’en pense…
La question du sevrage difficile à ces substances n’est pas à ma connaissance mentionnée dans la littérature scientifique, en tout cas pas pour des doses correspondant à ces pilules.
Cela laisse les utilisatrices dans une sorte de « vide » médical, sans conseil ni aide, face à d’éventuels effets secondaires comme des crises d’acné extrêmement sévères.
Les conséquences sur leur vie personnelle, sociale et professionnelle peuvent être dramatiques.
L’intensité de ces crises peut facilement mener à des problèmes de cicatrices.
Par ailleurs, la technique de l’arrêt progressif semble sur le terrain aider de nombreuses femmes.
Elles rapportent sur internet (et dans le courrier envoyé à beauté-pure) une expérience  à priori facilitée.
Nous venons de le voir, les professionnels de santé interrogés ne semblent pas y voir de danger particulier.
En conséquence, je pense que cette technique mérite au moins d’être connue.
À titre personnel, si je devais arrêter une pilule contenant de l’acétate de cyprotérone ou de la drospirénone, il ne fait aucun doute que je l’envisagerais…
En revanche, mon opinion est que vous aurez tout intérêt à l’arrêt de toute pilule, d’adopter certains gestes, pour une transition plus en douceur.
Mais ça, justement, j’en parle dans le prochain article!

Et vous, avez-vous essayé l’arrêt progressif? Quelle pilule preniez-vous? Avez-vous arrêté en coupant ou en espaçant? Racontez-nous!

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À propos de l'auteur : Emanuelle Haudegond

Emanuelle Haudegond est la fondatrice de beaute-pure.com, un site dédié au bien-être féminin hormonal naturel et à la beauté de la peau. Spécialiste de la peau, diplômée de l'état de Californie, elle a longtemps travaillé auprès de dermatologues et de chirurgiens plasticiens avant de fonder sa propre clinique de soins à Los Angeles. Elle a ainsi aidé des milliers de femmes de tous âges à retrouver santé de la peau et bien-être à chaque étape de la vie. Passionnée par la peau, guidée par des principes naturopathiques, elle donne au fil des articles de beaute-pure.com ses astuces pour une peau magnifique. Ancienne acnéïque, elle partage dans sa méthode "7 étapes vers une peau sans acné" sa philosophie d'un combat contre l'acné au naturel. Vous trouverez également dans son e-boutique une sélection de ses produits de soins préférés, adaptés aux peaux à problèmes, et des compléments alimentaires brevetés.

  • Lise dit :

    Bonjour,
    J’ai arrêté la pilule Yaz en mai dernier du jour au lendemain à la fin de ma plaquette et depuis c’est crises d’acné et perte de cheveux à foison, à tel point que j’envisage de reprendre la pilule pour ne pas finir chauve! Certaines d’entre vous ont-elles réussi à enrayer le phénomène?
    J’envisage une reprise puis un arrêt progressif mais ça m’embête car nous avons à moyen terme un projet bébé et j’ai peur d’avoir des cycles totalement irréguliers pendant tout le sevrage (alors que j’ai retrouvé des cycles un peu près réguliers maintenant). Bref je suis totalement perdue!!

  • Marie dit :

    Bonjour,
    Après avoir pris pendant de nombreuses années Androcur, je suis depuis plusieurs années sous Jasminelle, à base de drospirénone.
    J’ai vu ma gynécologue ce matin et lui ai posé la question de l’arrêt progressif de Jasminelle. Sa réponse : hors de question car un arrêt progressif augmenterait fortement le risque de phlébite.
    Quoi qu’il en soit, du fait de mon âge (j’aurais 39 ans en fin d’année), il va falloir envisager l’arrêt de Jasminelle compte-tenu du risque cardio-vasculaire.
    La gynéco me propose soit un stérilet en cuivre, soit la pilule Cérazette…
    Je me donne encore un peu de temps pour décider. Pas facile…
    Bien cordialement,
    Marie

  • La méthode !

    Vers une peau sans acné en 7 étapes

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